Les quatre éléments
La petite fille jouait dans l’eau, sa mère, qui faisait la lessive juste à côté, lui avait permis, à condition de rester tout prés du bord.
Un petit poisson argenté s’approcha d’elle et commença à tourner autour de ses jambes, elle se figea pour ne pas le faire fuir. Levant la tête elle chercha son frère, Brys, du regard. Occupé avec sa canne il ne la remarqua pas et elle n’osait pas parler, de peur de faire fuir le poisson.
- Iria ! L’appela tout à coup sa mère, la faisant sursauter. On va bientôt partir ma chérie, sort de l’eau pour te sécher.
Le petit poisson s’était sauvé ! Iria regarda la rive d’en face en faisant la moue. Son frère aussi grimaçait, lui non plus n’avait pas envie de rentrer.
C’était la fin de l’été et ils ne viendraient plus à la rivière avant l’année prochaine. Iria aimait beaucoup venir, à huit ans, elle ne savait pas encore nager, mais s’amusait quand même beaucoup dans l’eau.
Sachant sa mère peu patiente elle se dépêcha de sortir et grimpa sur un rocher, qui surplombait le petit bassin, un peu plus en aval. Les yeux mi-clos pour à cause du soleil, elle fit un tour d’horizon du regard. La rivière allait lui manquer, elle adorait venir, de plus l’endroit était vraiment magnifique. Une petite cascade se déversait dans un bassin à l’eau cristalline, bordé par des arbres et des rochers. Du côté où se trouvait Iria il y avait une petite plage de sable et herbe, là sa mère avait installé son lavoir en bois. En aval le rocher où elle séchait au soleil.
De là elle observera Brys, qui rangeait ses affaires de pêche, à l’exception de sa canne qu’il laissa en place, soutenue par deux pierres. Lui il savait déjà nager, pourtant aujourd’hui il avait passé son temps à pêcher. Depuis que leur voisin, lui avait fait sa canne, il ne faisait rien d’autre. Il fermait son panier en osier, Iria était sure qu’il n’avait pas de quoi diner dedans. Elle fit une grimace quand il jeta le reste de vers de terre.
Tout à coup elle vit la bouée de la canne s’enfoncer dans l’eau ! Elle se leva si vite que se déséquilibra et commença à battre des bras pour ne pas tomber. Peine perdue elle tomba dans le bassin en criant.
La rivière était profonde à cet endroit, quand elle comprit qu’elle n’avait pas pied, Iria commença à paniquer ! Battant des pieds elle essaya de remonter à la surface, mais des algues s’enroulaient autour de ses jambes, l’entrainant vers le fond. Plus elle se débattait plus elle s’emmêlait.
Les poumons en feu, la petite fille était à bout de souffle. Se sentant sombrer, Iria eut une pensée étrange:
« Eau, sauve-moi »